{"product_id":"du-mepris","title":"Du mépris","description":"Nous trouvons tous méprisables certains actes, gestes, attitudes, manœuvres. Et\ndans le même temps nous détestons tous le mépris. C’est dans cette\ncontradiction, dans cette brèche que \"Du mépris\" s’engouffre. S’il y a du\nméprisable il faut des méprisants pour l’émettre. S’il y a du méprisable, il y a\ndes circonstances où le mépris est honorable. Mais quelles circonstances ? À\nquel propos honorer le mépris ? Au départ l’auteur n’en a qu’une très vague\nidée. Il se lance dans ce texte les mains vides, chichement outillé d’une\nintuition ténue mais tenace. Cette affaire de mépris, il ne la sent pas ; comme\non ne sent pas un nouveau collègue ou le mec d’une amie. Le mot mépris est\ndouteux, douteux d’être cuisiné à toutes les sauces. D’être dégainé à tout\npropos, à table comme au lit, sur Twitter comme sur écoute, l’accusation de\nmépris devient suspecte. Comme souvent les grands mots, mépris cache quelque\nchose. Sous le couvert du mépris autre chose se joue. Sous le couvert du mépris\nde classe, dont chacun accuse tous, autre chose se joue. Comme autre chose se\njoue sous le couvert du mépris culturel, dont pléthore de plaintifs se disent\nl’objet. De paragraphe en paragraphe, d’anecdotes personnelles en choses vues,\nle texte complique le fléchage du mépris, et parfois l’inverse. Les coutumières\net confortables polarités se brouillent. Qui méprise qui ? est une question à\nposer à nouveaux frais. Qui méprise le plus les gens, de Dany Boon qui proclame\nrespecter le public populaire ou du critique atterré par l’indigence de ses\nproductions ? Qui insulte le plus l’intelligence des gens ? L’adjectif populaire\nn’est il pas d’une condescendance achevée ? Chemin faisant, texte écrivant, il\napparaît que celui qui crie au mépris documente avant tout le mépris qu’il se\nvoue. Il apparaît, par suite, que le mépris, qui par définition fonctionne de\nhaut en bas, est la meilleure parade du bas contre le haut. Le meilleur mur à\nbâtir contre les assauts des nantis. Ils nous méprisent ? Méprisons leur mépris.\nMieux que la colère, qui souvent n’ébranle que soi, beaucoup mieux que la haine\nqui souvent est haine de soi, le mépris devient l’affect porteur de toute\npolitique d’autonomie.","brand":"SERENDIP LIVRES","offers":[{"title":"Default Title","offer_id":57467838529871,"sku":"9782487871038","price":15.0,"currency_code":"EUR","in_stock":true}],"thumbnail_url":"\/\/cdn.shopify.com\/s\/files\/1\/0882\/8380\/8079\/files\/p6gw0fhyJhdc7LEINGd0T6lcsj0bPY3NhgvZJCk-BnXvrMbahz50oQ-cover-large.jpg?v=1776261524","url":"https:\/\/librairieledelta.com\/products\/du-mepris","provider":"Librairie Le Delta","version":"1.0","type":"link"}