Ludovic Degroote
Le Début des pieds, suivi de Ventre
Le Début des pieds, suivi de Ventre
SKU:9782877042628
Avec un mélange de fausse candeur, d’humour, et de transparence (transparence
qui ne nous épargne rien des mouvements internes du corps), Ludovic Degroote
pose dans Le début des pieds l’équation d’une impossible séparation : la
séparation du monde tout autant que le rapport au monde est impossible. Récit de
chutes, livre d’écoulements, le poème creuse son intériorité en déroulant un
regard qui partant de l’intérieur interroge sa place dans le monde : quand bien
même on s’y trouve tout entier, on le regarde de l’extérieur – de l’extérieur de
tout sauf de son propre corps. Le corps se fait ici le creuset au même titre que
le langage des peurs, des maladies, des blessures, des pentes contre lesquelles
il est si difficile de lutter. « S’il n’y avait que deux bords on pourrait se
rejoindre » dit Ludovic Degroote qui fait le détour par les sitcoms télévisées
et les amours de Nathan et Nirina pour rejoindre son propre vertige. Les autres,
même personnages virtuels (mais que sommes-nous vis-à-vis des autres justement
?) peuvent-ils simplifier la complexité du monde, et nos propres complications ?
C’est ce qui nous « lie à cette séparation » de soi-même, à ce paradoxe qui
pousse à s’écarter de soi sans y parvenir, sans pouvoir même en faire le tour.
C’est un épicurisme renversé, en négatif qui est à l’œuvre ; la mort n’existe
pas tant qu’on est en vie, et c’est bien ce qui est terrible, de ne pouvoir se
défaire de sa vie sans mourir. Le présent agrandit la plaie de vivre pour
Degroote qui attend sans cesse la vie qui « ne saurait tarder » et qui pourtant
est là, à creuser les blessures, à mesure que l’on cherche à se sauver, mais à
se sauver de quoi puisque la seule issue de la vie est de ne plus vivre ? Que
faire contre la mobilité qui est la condition même de la vie sinon suivre le
mouvement de ses pieds, que faire contre la fluidité même qui nous traverse le
corps sinon la laisser provoquer nos effondrements, que faire sinon accepter de
tenir ses cicatrices, en adopter la trace ? Questions qui trouvent leur
aboutissement radical dans Ventre, texte inédit que nous publions ici à la suite
du Début des pieds lui-même indisponible depuis plusieurs années, et ses poèmes
acérés qui agrègent ce que l’on absorbe des autres, tranchent dans le vif de la
peau et des os, et de ce qui au fil du temps se rétracte – viscères et mémoire –
la peur au ventre, car « nous n’existons que par nos intérieurs ». Ludovic
Degroote résout finalement dans ces deux livres réunis la question matrice et
motrice de son œuvre, qui est de supporter la gravité de l’existence avec
légèreté, et d’y répondre avec farce et sérieux : « ce qui nous manque c’est de
n’avoir pas connu autre chose que la vie ».
144
Prix habituel
€21,00 EUR
Prix habituel
Prix promotionnel
€21,00 EUR
Taxes incluses.
Quantité
Impossible de charger la disponibilité du service de retrait
-
-
Venez nous voir !
1 rue Cassette, dans le 6ème à Paris.
Métro : Saint-Sulpice.
-
Horaires
Lundi : 12h30 - 19h00
Du mardi au samedi : 10h30 - 19h30
Dimanche : 12h00 - 19h00
-
Nous contacter